Blog de l'Etudiant Irrecuperrable

Parce que mes 52 heures de fac hebdomadaire ne me suffisent pas. Parce que les sciences rendent con. Parce que la vita est bella... Parce que je fais 1m74 et que le monde est grand, Pour moi, pour elle, pour vous aussi, il le fallait, ce blog.

Wednesday, May 23, 2007

Find It (15)

Forêt communale de Krieff, Belgique.

L’endroit semblait désert. Les arbres alentours flamboyaient de leurs couleurs d’automne, et tandis que se levait une faible brise chargée d’humidité, quelques feuilles mortes virevoltaient dans leur gracieux vol pour recouvrir le sol en un bruissement léger. Chaque frôlement, chaque craquement lointain de la vie sylvestre qui l’entourait faisait sursauter Vigdis Semendsen. Elle avait outrepassé de loin la vitesse autorisée pour rouler sur l’autoroute après avoir abattu son garde du corps, et sans pouvoir arrêter les tremblements qui agitaient sa main droite depuis lors, elle avait pris la première sortie. A l’aide de son GPS qu’elle n’avait jamais réellement utilisé, elle avait repéré cette forêt, et avait emprunté le premier chemin forestier à toute vitesse avec sa luxueuse Mercedes. Il lui fallait faire vite : Il était encore très tôt, mais un jogger matinal pouvait toujours la découvrir avant que toute cette affaire ne soit derrière elle. Que ferait-elle si elle était démasquée à nouveau ? Elle ne voulait même pas y penser. Elle avait dépassé à présent le stade de la dépression nerveuse et physique, n’agissant plus après réflexion mais par pur instinct de survie. Sa survie.

Elle ne prit pas la peine d’enterrer le corps de son ancien partenaire, et se contenta de le traîner péniblement sur une vingtaine de mètres, avant de l’enfouir sous l’épaisse couche de feuilles mortes en décomposition. Elle l’avait tué, elle le savait, mais elle n’osait pas pour autant le regarder. Elle ne voulait rien voir par ailleurs, et aurait souhaité tout oublier pour quelques minutes. Une fois le corps grossièrement dissimulé, Vigdis recula, toujours horrifiée par ce qu’elle faisait, tremblante, la larme à l’œil.

Malgré l’épuisement, elle continua d’œuvrer à sa tâche, replaçant à l’identique les poignées de feuilles formant un sillon créé par son passage avec le cadavre. Ses réflexes quasi-inexistants après une nuit blanche et un stress aussi important, elle ne sentit pas que son pied était posé sur une branche morte, glissante de terre et d’humidité. Sursautant une fois encore au son d’un bruissement lointain, Vigdis Semendsen perdit l’équilibre.
Plus que la douleur qui s’était emparée de sa jambe, elle avait parfaitement entendu le craquement net provenant de sa cheville. Retenant un hurlement de douleur, elle éclata en sanglots allongée sur ce tapis doré. Elle pleura de longues minutes, sans retenue, alors que la fraîcheur matinale laissait place à un soleil timide. Elle aurait tout donné pour pouvoir quitter cet endroit, pour ne jamais avoir rencontré son amie d’enfance la veille, pour se réveiller de ce cauchemar…

Puis, ayant quelque peu retrouvé ses esprits, elle examina rapidement son pied. Pour avoir pratiqué bon nombre de sports extrêmes, elle avait déjà eu la cheville cassée, et elle poussa un soupir saccadé tout en voyant la peau se gonfler au dessus de la blessure. Ce serait douloureux bien sur, mais elle pourrait marcher sans problème. Cherchant du regard un appui sur lequel reposer sa jambe jusqu’à la voiture, elle remua quelques feuilles de sa main toujours tremblante, et fit une découverte inattendue.

***

« -Oui bonjour, je suis le capitaine Sand…
-Je sais qui vous êtes, monsieur. Un commissaire nous a appelé il y a de cela près d’une heure pour nous prévenir de ne rien toucher dans le bureau de Monsieur Maskell. Il ne nous a rien indiqué d’autre, mais il nous a prévenu que vous nous appèleriez pour nous poser quelques questions. Matthieu Sandier soupira, tournant la tête vers la porte de son bureau donnant sur le couloir. Pourquoi fallait-il que la hiérarchie (et pourtant, il en était sur, son supérieur avait voulu bien faire) annihile inévitablement toute spontanéité ? Comme si cela n’importait pas…
-A vrai dire, je voudrais simplement vous demander, comme vous êtes… Etiez (il haïssait ces petites ambiguïtés morbides)… La secrétaire personnelle d’Hugo Maskell, si vous avez son agenda en votre possession.
-Son agenda ? " Elle prit un temps avant de répondre.

" -C’est une étrange question, voyez vous, car il ne possède… (Il l’entendit déglutir à son tour)… possédait aucun agenda digne de ce nom. Il utilisait un assistant électronique, qui lui faisait par ailleurs office de téléphone… Pourquoi ?
-Eh bien j’avais déjà un mauvais pressentiment lorsque je vous ai appelé, et il semble se confirmer à présent… Je sais que le commissaire vous a ordonné de sceller le bureau de votre patron, mais pourriez vous y entrer et vérifier que son téléphone n’y est pas resté ?
-Bien sûr ! Restez en ligne. »

***

2 Comments:

Anonymous Anonymous said...

mais t'es un pur enfoiré sur ce psot, j'hallucine (et je suis sûr que tu es très fier de toi :p).

Une double coupure quoi... juste de quoi avoir 2 fois plus faim de lire la suite.

lol ^^ la suite sur le site ? bah, je lache quand même encore des comms ici ^^

8:26 AM  
Anonymous Anonymous said...

post*

8:27 AM  

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