Blog de l'Etudiant Irrecuperrable

Parce que mes 52 heures de fac hebdomadaire ne me suffisent pas. Parce que les sciences rendent con. Parce que la vita est bella... Parce que je fais 1m74 et que le monde est grand, Pour moi, pour elle, pour vous aussi, il le fallait, ce blog.

Sunday, May 06, 2007

Find it (9)

Vol 24537 vers Paris Charles de Gaulle.
L’heure de battre le rappel avait sonné. Esteban Carmello profitait au maximum des prestations offertes en première classe par la dernière amélioration du Boeing 747 : son ordinateur personnel sur la tablette, il passait son douzième appel, confortablement installé dans son fauteuil, un verre de vodka à la main. Non qu’il soit particulièrement adepte de cet alcool, mais après dix heures de vol passées en demi-sommeil, il avait besoin d’être parfaitement alerte à l’atterrissage. Et dans les trente dernières minutes, il avait mis la machine en branle.
Son père, de par sa fortune comme de par son ancien métier d’armateur, avait déjà activé tout un réseau d’informateurs, qui allaient décrypter le fret international afin de chercher l’aiguille dans la botte de foin. Il devrait lui aussi surveiller tout cela de près, mais il s’occuperait pour sa part de la voie des airs.

Le temps était venu de rentabiliser tous les dîners, toutes ces réceptions passées le nez plongé dans la coupe de champagne avec les autres enfants du transport international. Il avait une bonne mémoire, et comme tout businessman avisé, suivant les conseils de son père, il avait toujours su gâter ses collaborateurs, les intermédiaires, et même certains de ses concurrents. Eh bien, selon l’image consacrée, l’heure avait sonné de renvoyer l’ascenseur. Ses contacts savaient mieux que lui à qui téléphoner pour chercher dans les registres qu’il fallait examiner… Il avait déjà une piste, et faisait éplucher vol par vol les embarquements enregistrés à l’aéroport situé le plus près de l’usine Maskell. Personne, à part un service de Police, ne pouvait avoir droit à de telles informations, mais la compagnie aérienne qui gérait l’aéroport ne pouvait refuser l’accès à l’armateur du navire qui avait récupéré les 6 membres d’équipages de l’un de ses avions en perdition au dessus de l’Océan Indien 4 mois plus tôt…

Esteban Carmello ne pensait pas rester très longtemps à Paris, car il ne pensait pas que la chasse puisse s’y dérouler… Quoi que, cela ne manquerait pas d’humour, et pouvait correspondre à une farce au style d’Hugo Maskell. Il n’avait jamais discuté avec ce dernier, mais il l’avait rencontré, il y avait près de 16 ans.

Son père l’avait amené avec lui assister à un grand prix de catégorie Grand Tourisme, car son entreprise faisait partie des sponsors de la compétition. Esteban n’avait que 9 ans, ce jour là, à Spa Francorchamps. Le souvenir était pourtant encore tellement clair ! Il tirait le bras de son père pour admirer voitures et pilotes les uns après les autres, trépignait d’impatience et montrait son badge à qui voulait le voir. Il avait alors serré la main à Hugo Maskell, et lui avait annoncé qu’il gagnerait la course, même s’il ne partait que 3ième. Ce dernier avait éclaté de rire, puis au moment d’enfiler son casque, avait vissé sa propre casquette jaune et bleue sur la tête d’Esteban. Ce dernier avait toujours le couvre-chef, dans une vitrine, en Inde.

L’avion commençait sa descente sur la ville Lumière, et il commençait à apercevoir le sol français (masse sombre et inquiétante à cette heure) à son hublot. Après avoir trié les documents dont il aurait immédiatement besoin, il rangea ses affaires, et replongea dans ses pensées. Sans vraiment s’en rendre compte, il avait toujours suivi de loin la carrière de l’ex-PDG, et de sa marque. La chasse, il lui avait semblé qu’il l’avait toujours attendue, et venant de la part de Maskell, il avait presque pris cela pour un signe. C’est alors qu’il décida de changer ses plans. Il sortit son calepin de la poche de sa veste, et passa un dernier appel avant d’atterrir.
Il aurait été injuste pour la mémoire d’un homme qu’il avait toujours admiré, de jouer le jeu, de ne chercher que la Dream GT. Il fallait aussi découvrir qui l’avait assassiné.

Quitte à partir en chasse, autant traquer le plus gros gibier.

2 Comments:

Blogger Bénédicte said...

Enorme, comme le gibier ! ;)

Bravo pour la prise de maturité dans l'écriture, le suspens et l'histoire qui se corse !

1:09 PM  
Anonymous Anonymous said...

ce perso, je le sous-estimais un peu... je sais pas pourquoi...
mais ca va donc être un concurrent direct pou Sandier ? ou bien ils vont coopérer pour le meurtre ?

vivement la suite :)

Do$

10:24 AM  

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