Blog de l'Etudiant Irrecuperrable

Parce que mes 52 heures de fac hebdomadaire ne me suffisent pas. Parce que les sciences rendent con. Parce que la vita est bella... Parce que je fais 1m74 et que le monde est grand, Pour moi, pour elle, pour vous aussi, il le fallait, ce blog.

Tuesday, May 08, 2007

Find It (10)

Place de la Concorde, Paris.

Son cœur battait encore la chamade, alors que son chauffeur se faufilait habilement dans l’impossible circulation parisienne. Il lui avait semblé retenir sa respiration jusqu’à ce que les portières se soient refermées. Elle avait accepté, en apparence à contrecoeur, de rentrer chez elle, de suivre le conseil de ce fouineur de capitaine Sandier, avant de pousser un soupir de soulagement. Evidemment, elle n’avait jamais imaginé que ce jeu eut été facile à jouer, mais avec cet homme, elle ne savait toujours pas à quoi s’attendre : tantôt il semblait la suivre avec la complaisance qu’affichent perpétuellement les hommes à son contact, tantôt il s’affirmait avec une détermination qu’elle avait rarement pu observer.

Il avait failli remarquer son petit manège, mais son geste avait été un chef d’œuvre de rapidité. Cependant, elle avait l’avantage de savoir quoi chercher, et où le trouver... Dès son entrée dans la chambre, elle avait scruté la pièce, et faisant mine basse durant la crise d’identité de ce petit capitaine, avait continué son analyse. Puis elle l’avait aperçu, sur la commode, juste à côté de la table de nuit, le traditionnel bloc de papier à en-tête du Crillon. Positionné de la même manière, à l’exacte place où l’on pouvait le trouver lors de l’installation dans l’une de ces magnifiques chambres.
Elle avait alors joué le tout pour le tout, et alors que Sandier était penché sur l’ordinateur de son frère (s’il l’avait connu, il aurait su ne rien y trouver, Hugo n’ayant jamais vu une utilité personnelle dans un ordinateur, et ne l’utilisant que parce qu’il y était obligé par son travail), elle avait rapidement parcouru les quelques pas qui la séparaient de la commode, profitant de la douce moquette pour n’émettre aucun son, et s’était saisi du carnet. Elle avait cru rater plusieurs battements de cœur lorsqu’il l’avait apostrophé, alors que le bloc n’était encore qu’à demi enfoncé dans son minuscule sac Prada.

Mais son pari était le bon. N’étant pas habitué aux hôtels de luxe, le capitaine n’avait pas remarqué la disparition du carnet, s’était focalisé sur elle comme elle y avait compté, et avait quelques secondes plus tard achevé sa visite de la chambre de son frère, avant de la raccompagner au rez-de-chaussée, jusqu’à sa voiture.
La famille proche d’Hugo Maskell seule connaissait l’un de ses plus invisibles défauts. En effet, s’il arrivait à s’en accommoder par un rangement exceptionnel et un emploi du temps sans surprises, il avait un cruel problème de mémoire courte : il était incapable de se rappeler les détails d’une discussion, de restituer une phrase telle qu’on venait de la prononcer, ou même de citer de mémoire les différents évènements de la journée qu’il venait de vivre. Cependant, il n’en souffrait quasiment pas et avait réglé son quotidien de façon à ce que le problème ne se pose pas.

Voilà pourquoi il notait avec précision ses entretiens téléphoniques. Et le papier que Catherine Maskell venait de détacher de son support était le rapport fidèle de la conversation qu’avait eu son frère avec un inconnu, la veille au soir.

Une semaine plus tôt, alors, qu’il déjeunait avec Catherine, au département de direction de la marque (elle dirigeait le service de publicité), il lui avait dévoilé le secret concernant la Dream GT, le salon, l’engouement, la chasse. Elle avait mis un certain temps avant de digérer l’affaire, mais elle n’avait pu se résoudre à croire que son frère ignorait à quel endroit précis la voiture était cachée. Pouffant de rire, il lui avait posé la main sur l’épaule, en lui disant « À vrai dire on me confirmera une liste de lieux, incluant le bon ! » Il était ravi de son concept « Je sais, bien sûr je leur ment, mais au moins on ne pourra pas me faire chanter… ».

Catherine sentit comme une boule au fond de sa gorge, et refoula un sanglot à la pensée de son frère. Qu’avait-il pu se passer ? Il n’était pas censé perdre la vie ce soir là ! Elle avait certes attendu un appel de la police, la veille, mais le sol s’était soudain dérobé sous elle à l’annonce de la mort de son frère. L’affaire avait tourné à la catastrophe, et elle ne pouvait plus faire confiance à personne. Dans un regard lourd de tristesse, elle regarda fixement le morceau de papier, puis se redressa.
Au moins à présent, elle avait la liste.

Quatre voitures derrière la berline Bentley bleu marine de Catherine Maskell, une Peugeot banalisée laissait la riche héritière prendre de l’écart. Matthieu Sandier réfléchissait longuement, laissant le lieutenant Kermadec conduire; il dévorait malgré l’heure tardive, un épais croissant aux amandes. Puis décidant que son acolyte avait sans doute un avis sur l’affaire, il l’interrogea.

4 Comments:

Anonymous Anonymous said...

Une intrigue de plus en plus prenante... Un personnage qui devient méga attachant... Et un style d'écriture presque parfait... Tous les ingrédients sont là pour faire un bon roman :)
La suite!

11:12 AM  
Anonymous Anonymous said...

Cette femme est décidément plus qu'ambigüe...

(merci pour l'explication Gorinaz :))

par contre, ce m'étonnerai que Sandier est pas capté qu'elle ait pris le carnet... (c'est pas paske l'auteur nous dis qu'elle pense avoir joué son tour bien finement que l'autre a rien vu...)

de toute façon, il la suit, mais ca c'est pas unqieuemnt dû au fait qu'elle a choppé le carnet... c'est de toute façon parce qu'il à en partie des soupçons sur elle (quoi qu'elle puisse en dire ou la comédie qu'elle lui joue...), mais aussi parce qu'il la considère comme une piste pour arriver à trouver la voiture... il l'utilisera peut-être par la suite ? (on verra ce que nous réserve Ericounet :D)

sinan, Hugo, c'est un boulet: ne pas voir l'utilité d'un ordi... tss... ca devait au moins être un mac :p

bon, pour redevenir sérieux et se raccrocher à l'histoire: ... bah nan, rien à dire...

si une question trop importante: pourquoiil mange uncroisant et pas un begnet ? hein ?? c'est trop bon les beignets !!

bon, je sais j'avais dis importante la question...

nan sérieusement (vraiment cette fois): j'attends la suite :)

Je me demande ce que va dire Karmadec...
je me demande aussi si il va se lncer indépendamet de Sandier dans une chasse à la voiture, s'il va devenir l'ennemi de Sandier, tenter d'attenter à sa vie... (cette voiture semble pusser àdes excès peu communs :/)

cependant, je conclu en disant que je suis sûr que Sandier a capté qu'elle a pris le carnet... (et ce grace à une trace à peine visible d'absence de poussière à l'endroit où était posé le carnet...)

voilà, sur ce, bonne soirée à tous, je m'en vais écrire des programmes automates -_-

11:40 AM  
Anonymous Anonymous said...

pardon pour les fautes de frappe, j'étais en train de manger en même temps :/

Do$

11:44 AM  
Blogger Gorinaz said...

Rhalala.
Déjà allé dans un Grand Hotel, mon petit bonhomme?

I y a jamais un grain de poussière dans ce genre de chambres.
Les autres réponses viendront par voie officielle ^^

11:48 AM  

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