Blog de l'Etudiant Irrecuperrable

Parce que mes 52 heures de fac hebdomadaire ne me suffisent pas. Parce que les sciences rendent con. Parce que la vita est bella... Parce que je fais 1m74 et que le monde est grand, Pour moi, pour elle, pour vous aussi, il le fallait, ce blog.

Sunday, November 27, 2005

Mister Chris

Ca commence comment, déjà?
Ah oui, c'est vrai: cours de français de Première, mon voisin Guillaume Munch refuse de faire une bataille navale. Un volontaire s'annonce, un rang derrière moi. Rapide échange de place au début du cours, et c'est parti: H8, F4, B7... Je gagne, mais bon joueur, j'accepte une revanche entre midi et deux. Le cours se termine, lentement, et tout content, je pars avec... Ah merde tout ce que je sais c'est qu'il s'appelle Hauler. Le grand lent, là, c'est Fortuny... Bon c'est pas grave si je connais pas son nom, je suis là pour jouer. La partie expédiée, il est temps d'aller manger. Le petit groupe m'invite à se joindre à eux dans la cohue de la cantine du Louis Armand.

Ca s'est fait comme ça, d'un coup, d'un geste, d'une partie de bataille navale à la con: j'ai trouvé un pote.
Le lendemain matin, un choix de placement s'impose dans la classe, et il ne me faut pas plus de 5 secondes pour m'asseoir à coté de mon nouvel acolyte, apparemment ravi de mon choix. J'apprendrais dans les heures suivantes qu'il s'appelle Christophe, qu'il joue finalement aussi bien à la bataille navale que moi... Les infos vont s'accumuler rapidement, et dans la journée même nous sommes quasiment inséparables. Il me faudra une semaine de plus pour connaître les prénoms du roux (c'est Nicolas) et du grand (c'est Olivier). Avec eux aussi, le courant passe immédiatement, mais il manque au départ, l'impulsion, le déclic, le petit plus. A la fin de la semaine je le sais, j'en suis conscient, il s'est passé quelque chose de spécial, qui ne m'était pas arrivé depuis plus de 10 ans:
J'ai trouvé un meilleur ami.

Plus de trois ans plus tard, il est devenu le Chris que tout le monde connait. Entre temps, on a tous fait un sacré chemin, et lui en plus de posséder le même parcours scolaire, les mêmes délires, les mêmes films, les mêmes chansons, les mêmes potes, a réussi en début de Terminale a attirer à lui une certaine Odile.

Comment faire une rétrospective de tous ces moments passés ensemble? Chris pour moi c'est le pote, mais aussi le type qui me battait en sport, le type qui donnait l'impression de ne jamais aller au code, le type qui faisait tous les jours la file d'attente avec moi à la cantine du LLA, le type qui a fait des bombes avec moi, le premier homme capable de s'endormir vraiment en cours, le type qui se faisait griller par Poujeaud, griller par Oudenot, descendre par la prof de Français. Chris il joue au tennis en balançant des revers dans les pots de yahourt, il me fait des devinettes pour trouver Odile, il fait des paris avec moi pour faire la cuisine, il fait tomber Panzer sous son charme, il est toujours capable de faire pire que mes vannes. Il ne sait pas que je vais dire la même chose que lui au même moment. Il chiche beaucoup et me fait courir à poil dans les couloirs du lycée. Il m'écoute quand je suis horrifié devant la plus grande défaite sentimentale de ma vie, il me pousse a faire une autre connerie sentimentale le mois suivant pendant que lui est en pleine gloire Odilienne... C'est le type qui me regarde trembler le matin quand il sait que j'ai bu trop de café, qui se fout de ma gueule quand j'ai un verre dans le nez, qui me crie dessus quand j'ai vraiment trop bu. C'est le pessimiste de base qui passe la moitié de l'année de terminale à dire que c'est horrible et que nous ne nous reverrons sans doute jamais, puis la moitié de la première année à dire qu'on sera au rattrapage, et la moitié de la seconde année à dire que nous n'y arriverons sans doute pas.

Ah... Chris il faut le voir, il faut le vivre... L'observer manger de la mayo-carottes, l'observer coupant de l'ail ou faisant des tomates cocottes. Le voir doucement s'endormir au cours de 11 heures du challenge Seigneur des Anneaux. Le voir jubiler avec moi en regardant le Roi Lion à 3 heures du matin. Le voir commenter la guerre des feux d'artifices à nouvel an, se battre contre moi à Grand Turismo 3. Le voir grimacer en haut des collines du sundgau en vélo. Le voir baliser avec moi le matin des résultats du bac. Le voir se murmurer à lui même pendant un partiel de physique. L'entendre me demander quel chiffre je préfère entre 1 et 4 en final d'allemand. L'entendre se plaindre de mes ronflements, l'entendre râler tout court.
Le voir faire une mayonnaise.
Réviser avec lui à la Bu.
Discuter de cul.
S'engueuler.

Je pourrais faire des pages et des pages sur tout ce qu'on a déjà fait ensemble, je pourrais ajouter ta description (c'est le grand mal rasé avec les cheveux qui font nimp), discuter des moments ou tu allais mal (janvier-février 2005), ajouter les petits délires de tous les jours et tout les secrets que nous partageons... Mais je n'en vois pas l'intéret.

Des moments en dur dans nos années en mousse, j'espère qu'il y en aura encore le plus possible, et que ça ne s'arrêtera pas de sitôt. On va me dire que ce n'est pas un portrait comme les autres. Okay, mais pour moi chacun sa description... Et puis aujourd'hui n'est pas un jour comme un autre pour ce mec pas comme les autres.

Il est vieux.

Dumoins, provisoirement autant que moi.

Choyeux anniversaire, mon petit bonhomme.

Thursday, November 10, 2005

TRYOmphe

Je ne trouve pas encore le mot exact pour qualifier la soirée que nous avons passé ce mercredi 9 novembre.

Mais rien n'arrive sans une bonne préparation. Les cours finis à 10h, notre journée peut enfin commencer. Et si quelques uns se jettent sur les PCs de la salle Essaim pour y jouer, Nicolas et moi choisissons de regarder un film grandiose, comme le sont d'ailleurs les autres du grand Tarantino: Reservoir Dogs. Et malgré quelques petits problèmes de son au début, nous passons deux très bonnes heures. Le déjeuner terminé, nous admirons la fin de ce petit chef d'oeuvre cinématographique (et quelle fin!), avant de revenir à des valeurs plus terre à terre, et de se tuer gaiement sur Dod.

14h: Nous partons de la Fac, faisons un petit tour chez moi (un cable USB et de l'eau, s'il vous plait), chez BP (un petit plein pour la Twingo d'Arnaud s'il vous plait), puis partons une bonne fois pour toutes pour Strasbourg. Le voyage ne sera pas de tout repos, puisque nous passons durant l'heure de route la quasi-intégralité du Donjon de Naheulbeuk (13 épisodes enchaînés ^_^).

16h: On arrive pépère à Strasbourg, on se gare, on prépare doucement toutes les affaires nécessaires à la soirée, et puis nous cherchons notre chemin, comme les touristes que nous sommes. J'en profite pour signaler que le Rhénus est très mal indiqué (aucun panneau, pas même signalé sur les plans de la Ville), et qu'il n'est pas (alors que c'est écrit sur les billets) place de Bordeaux. Bref on tatonne quelques temps, mais comme nous sommes très en avance, on reste détendus: ça rigole à tout va.

16h45: Nous voilà les trois (moi, Arnaud et Nico pour ceux qui n'ont pas suivi) assis et adossés au mur de la salle, qui bien sur est fermée. Une grosse 50aine de personnes sont déjà éparpillées par petits groupes devant l'entrée. Nous discutons quelques temps, observons l'architecture du parlement européen et les mouvements stratégiques des corbeaux, bref, on passe le temps comme on peut.

17h30: Alors qu'il commence à faire sombre, quelques Djeuns arrivent vers nous et demandent à mi-voix si par hasard nous n'aurions pas pour 10-20 euros de "matos". Nous sommes désolés de ne pas pouvoir les approvisionner... Ils s'éloignent. Quelques minutes plus tard, Nico et moi nous roulons par terre de rire quand Arnaud nous avoue qu'il ne voit vraiment pas ce que peut être le matos en question.

17h45: Nous n'en revenons toujours pas.

17h50: Un peu calmés, nous partons faire un tour pour se dégourdir les jambes et nous réchauffer un peu. L'idée est très bonne, sachant qu'au cours de notre petite balade, nous découvrons que si les gens se massent peu à peu à côté des barrières, c'est parce que là bas, au loin, il y a l'entrée. Nous décidons de suivre l'exemple, et nous plaçons idéalement à côté d'une barrière. Malgré l'heure, je dévore mon jambon-fromage, tout en observant un peu la foule qui nous entoure. Un grand nombre des spectateurs présents à cette heure sont des adolescents de 15-16ans. Les autres sont tous de notre âge à peu près. Il rêgne une bonne ambiance, une symbiose d'attente glaciale et de chaude motivation, d'alcool fort et de drogues douces... Une certaine camaraderie nous traverse tous, mais ce n'est que provisoire: tout le monde ne pourra pas être devant, tout à l'heure. Pourtant, les sourires fleurissent, l'ambiance est là. Pour tout le monde, la soirée est inratable.

18h15: Tout le monde observait au loin les agents de sécurité de la salle s'organiser pour nous gérer au mieux... Avec raison parce qu'enfin ils se dirigent vers nous, annoncent qu'ils vont nous gérer en 4 files d'attente, que nous ne devons pas courir, qu'il ne sert à rein de pousser ni de s'énerver. Nous trois sommes ravis, puisque le responsable de la sécurité a choisi avec raison d'enlever en premier la barrière qui se trouve juste devant nous. Avec 9 années de cantine derrière moi, je connais toutes les ficelles des files d'attente. Pourtant, la barrière ouverte, j'équarquille les yeux sous la pression phénoménale des quelques 400 personnes derrière moi. Ne pas se laisser bouffer, rester calme, je passe, et me rends compte que Nicolas et Arnaud, aussi surpris que moi, sont quelques rangs en retrait. Nous sommes tous rangés par trois, comme à la petite école, par les agents de sécurité, très pros, très sympas, mais qui ont l'air très inquiets quand à un éventuel rush général vers la salle. Pourtant nous sommes encore moins d'un millier.

18h35: Je suis au 4ième rang, à quelques mètres des agents, placés et prêts à nous fouiller. Je discute avec mes voisins et voisines, parfaits inconnus mais avec qui la bonne humeur qui nous anime tous franchit les barrières. Puis, alors que l'impatience commence à gronder dans les rangs (qui se sont considérablement allongés durant les dernières minutes), le responsable d'avance et annonce que la fouille sera systématique, que les bouteilles sont interdites à l'intérieur de la salle, ainsi que les caméscopes (je me mords les doigts d'avoir laissé mon appareil photo à la maison: j'avais supposé qu'ils seraient interdits). Parmi les premiers garçons à passer, je me laisse fouiller avec le sourire. Ce dernier me quitte immédiatement quand je me rends compte que les deux bouteilles d'eau dans le sac de Nico ne passeront pas: je n'ai rien bu encore, alors je regarde, un rien horrifié, mes 1,5L de flotte passer à la poubelle.

18h45: Je n'allais pas ressasser ça plus d'une minute. Nous sommes dans la salle, pour ainsi dire encore vide. Nous nous plaçons à peu près au 4ième rang, sur la gauche de la scène, avons encore le temps de passer aux toilettes, puis nous attendons, appréciant ou non les choix stratégiques des uns et des autres (falait-il amener un sac, ou porter sa veste sur sa taille comme moi? Falait-il plutôt se placer dans les gradins ou ici, où nous sommes infiniment mieux, mais où n'importe quel mouvement de foule peut nous emporter au fond en quelques minutes? Faut-il vraiment que le groupe des blaireaux derrière nous s'assoie par terre (occupant ainsi le double de place)?). Un léger Reggae parvient à nos oreilles, par les deux seules baffles allumées. Derrière nous, la salle qui se remplit nous met dans un état euphorique: tout est parfait, on est presque tout devant au concert de Tryo, ça va être génial.

19h00: Fidèle à sa parole, Nicolas déballe sous les yeux ahuris de ceux qui nous entourent une mauricette et un Jambon-de-Parme-Fromage. Arnaud et moi contemplons la scène: Sur la gauche, une estrade cache une table de mixage et un clavier avec différentes plantes (dont de gigantesques fleurs) en plastique. Elle est dominée par deux grands palmiers au tronc rose... La majeure partie de la scène, derrière les trois micros, est aménagée en terrasse hawaïenne: tables en bois et transats, menus, cendriers... Toujours quelques grosses fleurs en plastique, et puis, sur la droite à nouveau une estrade, cachant elle aussi des instruments, et des baffles derrière d'énormes fausses plantes. En toile de fond, l'écran géant, avec un gigantesque TRYO en faux-relief.

19h25: Un type surgit soudain derrière la table de mixage, manipule un ordi portable, et nous fait profiter de sa playlist, activant un à un les énormes haut-parleurs qui forment des petites montagnes de chaque coté de la scène. Ambiance reggae pour les 20 minutes suivantes. Les basses font vibrer le plancher de manière assez impressionnante (au point de même faire trembler la voix quand on parle). Le gars, à fond dans son trip, danse tranquillement devant sa console, nous encourage de temps en temps à faire de même, improvise de petites chorégraphies, le tout devant nos 4000 visages amusés. Quelques regards en arrière confirment la tendance: la salle se remplit rapidement, du parterre au gradins.

19h40: Non, nous ne rêvons pas. Tandis que le reggae de notre joyeux mec résonne joyeusement dans la salle, deux originaux jouent sur scène... A la pétanque. La partie est complète, et retransmise sur l'écran géant. De toute évidence, ils n'en sont pas à leur coup d'essai, étant donné la précision de leur jeu... Peu à peu, plusieurs personnes viennent sur scène, s'assoient à la terrasse hawaïenne, et sirotent des bières. Ca discute, ça fume, ça sirote, et nous, nous les regardons, un peu interloqués je dois dire.

20h00: La musique est coupée, le présentateur arrive enfin, et il est salué par une ovation. Nous sommes 7500, c'est donc ce que j'appellerais modestement une putain d'ovation. Il chauffe lui aussi la salle, et nous décrassons nos poumons à beugler à la demande. Je me sens poussé par les 7000 dingues comme moi en train de hurler à ma suite. C'est parti, on y est. Le groupe qui fait la première partie s'appelle Fange.

Ils sont trois, le premier chante et gratte, le second assure les percussions, et le troisième est à la contrebasse. On aurait peut croire que la première partie serait de moins bonne qualité, un peu timide, ou bien juste là pour nous chauffer. eh bien ceux qui attendaient ce genre de prestations en ont eu pour leur argent, car si nous n'avons eu droit qu'à trois titres, ils furent superbes. Je ne les oublirais pas plus que le reste de la soirée:
"vous aimez les chansons d'amour?" Ouaaaaaaaaiiii
"en voilà une qui finit... mal" whooooooo
"mais c'est pas grave, ce sera pour un autre jour" Ouaaaaiiiiiiii
C'est leur entrée. Excellents musiciens. Très belles chansons. Début dément.

Ils partent, visiblement impressionnés de leur succès (pourtant mérité), et avec le retour du présentateur, l'ambiance atteint le plus haut cran. Pourtant il nous faut encore attendre. Nous allons avoir droit à tout un couplet de Habanera de Bizet chanté par une spectatrice (je riais intérieurement, mais elle m'a bluffé c'était superbe), puis une petite vidéo fun dans laquelle le présentateur cherchait les membres de Tryo en coulisses... Puis plus rien, alors que nous multiplions les ovations, toutes plus puissantes, toutes plus fortes, pour faire venir à nous ceux que tout le monde attent.

Les lumières s'éteignent, la musique démarre, mais de si près que nous sommes nous ne nous laissons pas abuser, les musiciens sur scène sont des silhouettes en carton. Pourtant ce sont bien eux, les 4 que nous voyons jouer sur le grand écran, alors quoi? Gros mouvement de foule, nous comprenons enfin: Ils sont dans le public, sur les gradins, tout au fond de la salle, chacun avec un ballon d'un bon mètre de diamètre et éclairé au dessus de la tête. Ils ont beau être aussi loin, ça fait quelque chose: enfin eux! Ils vont durant les 5 premières minutes faire un combo des chansons de leur dernier album, tout en se rapprochant de la scène, et finissant devant nous.

Juste devant nous. Au plus, il y a 4 mètres entre le guitarriste et moi. Il faut alors expliquer la situation dans le public. Jusque là, tout était resté relativement calme. Mais à présent, un colossal mouvement de foule nous presse constamment vers l'avant et la droite. Dans un premier temps, j'avoue, j'ai beau être totalement compressé (très sérieusement, l'étreinte atteignait une telle puissance que malgré mon poids, si j'avais sauté, mes pieds n'auraient plus touché terre...), je ne résiste point: le mouvement bien qu'écrasant, me rapproche du centre de la scène, me fait même gagner un ou deux rangs. Et puis à la suite d'une poussée plus forte que les autres, je me retrouve derrière un groupe de trois filles, et je suis totalement soufflé: bien qu'étant au troisième rang, leur taille bien inférieure me permet d'avoir une vue totalement dégagée de la scène, à trois mètres à peine du chanteur, les yeux équarquillés d'un gosse le soir de noël, la bouche sêche et mes vêtements ruisselants de sueur, les jambes et les coudes luttant pour tenir ma place de VIP. Plus qu'heureux: je ne mesurais plus mon bohneur. J'ai pu ainsi pour les 2h30 qui ont suivi être en totale immersion dans le concert, en transe supracognitive avec l'ambiance, avec le groupe...

Ce concert était de l'Anthologie. Il n'y avait pas seulement les chansons, poussées en choeur par 7500 personnes, il n'y avait pas seulement le groupe en concert live. Il y avait bien plus que cela. Le courant passait entre eux et nous, une vraie communication était en marche entre musiciens et public! Eux mêmes entre eux ont une telle entente qu'à chaque chanson, nous assistons bouche béée à des dérapages totalement délirants, ou à des solos qui n'en finissent plus, à de l'éclate de star pure et dure. Et puis il y a le show, à commencer bien sur par l'Acrobate, qui à presque chaque chanson, montait le long de deux énormes tissus suspendus, effectuait en rhytme des figures qui à elles seules auraient mérité un spectacle, réussissant de véritables prouesses, en accord parfait avec les chansons. Le concert a aussi été ponctué d'apparitions sur le grand écran, notament l'un des hommes du Groland, qui jouait un concierge, mécontent du bruit occasionné par le concert... Rien de mieux pour nous provoquer, pour de nouvelles ovations... Karl Zéro également était à l'écran... L'un des meilleurs passages: dans La Débandade, toute la troupe s'est lancé dans une chorégraphie orchestrée par M (Mathieu chédid), issue probablement de son dvd...

Ils nous ont fait tout leur dernier album, plus encore, et ce fut... ah je manque de mots. Le guitariste a varié les instruments, il est passé de la gratte acoustique à une électrique, il a joué du Luth, et nous a même gratifé d'un beau morceau de basse (dans La lumière). Le chanteur, en plus de gratter tout le concert, a joué quelques airs à l'accordéon. Nous avons joué avec eux, frappé à n'en plus finir dans nos mains, dansé lorsqu'on pouvait, fait des ballons (des dizaines de ballons) avec des préservatifs... Entonné France Telecom, Sortez les, le peuple de l'herbe, con par raison, ça y est c'est fait, la lumière, Paris, Mr bibendum, Plus on en fait... L'émotion était tout le temps perceptible, mais peut-être plus encore dans les titres phares. Entendre tout le public beugler en choeur "je veux fumer, de l'herbe de qualité...", y être, voir ses voisins rouler des pets longs comme la main, sauter, chanter l'économie à l'africaine... Durant L'hymne de nos campagnes, ils diffusaient sur l'écran géant des paysges magnifiques, puis des images poignantes de la connerie humaine... Puis ils ont fait mine de partir, mais nous les avons fait revenir en entonnant Joyeux anniversaire (rappellons que le concert fait partie de la tournée des 10ans de Tryo), en les appellant, en les faisant vibrer comme ils nous font vibrer.
J'ai lâché quelques larmes dans Apocaliptycodramatic, les trois étant sur des gigantesques balançoires, à quelques mètres de nous pour l'une de mes préférées, à la quasi-fin du concert.
Les meilleures choses ont une fin, et on ne pouvait pas rêver plus bel exercice de style que ce qu'ils ont fait... Ils ont joué "j'ai trouvé des amis", et laissé une partie instrumentale de bien 5 minutes, durant laquelle ont défilé sur l'écran tous les gens qui ont participé avec groupe, qui l'ont fait vivre, qui ont animé ces 10 ans de carrière. Voir ça et sentir l'émotion s'enparer de mon corps, sentir une boule au fond de la gorge, parce que c'est beau, tout simplement.
Et après ce dernier morceau, l'ovation la plus longue, la plus débordante de sincérité, la plus belle, de tous ces gens qui comme moi ont vécu quelque chose ce soir.
Parce que ce concert était vivre.

"Ce soir on a eu quelque chose de très très rare, et c'est super. Merci"
Mali, Tryo, 9/11/05