Le temps passe, mon bureau reste, impassible, insensible à la vie qui l'entoure, à la chambre dans laquelle il sera recouvert de bordel, à ce qui le recouvre, à la poussière qui s'accumule, aux années de gloire scolaire rangée dans ses innombrables recoins...
Mais l'été, traditionnelement, on raconte que le bureau mérite d'être rangé. L'année dernière, je ne l'ai pas jugé assez sage pour bénéficier d'un tel honneur, aussi cette année vais-je devoir effectuer un double rangement. Voyons voir ce que je vais y trouver...
Premier tiroir, en haut à gauche. Le plus accessible, donc dans une logique qui n'est pas la mienne, le plus rangé, plein de nouveautées... Le tiroir pourtant n'est ni plein, ni conteneur de nouveautées. A vue de nez, tout ce qui traine là dedans a au moins deux ans. Du papier plastique, destiné à entourer les packs de 200 feuilles à petit carreaux qui sont le support de ma scolarités, contitue à lui seul la première couche de ce tiroir. Pourquoi n'ais-je pas directement mis ce papier à la poubelle.. J'avais sans doute mes raisons. Plus profond dans le tiroir, on trouve pèle-mêle, des carnets vides, un petit classeur cartonné très joli et vide aussi, ma collection oubliée de cartes téléphoniques (lol ça a existé ça... eh oui, on a connu l'avant portable, nous les vieux...), quelques feuilles vierges, un compte rendu d'un voyage et d'une visite de chocolaterie (non écrit par moi, étant donné la forme des lettres...), quelques essais d'écriture comme tous ceux qui jonchent mon bureau, plutôt orientés vers un récit épique: certainement mon époque Lord Of The Rings...
Second tiroir, deuxième à partir du haut. Déjà, du mal à l'ouvrir... Ah mais je sais pourquoi! Une maquette de chasseur allemand de la Première Guerre mondiale, encore dans sa boite et prète à être montée... Jamais ce ne sera le cas, et pourtant, la boite est toujours là (depuis avant mon déménagement, ce qui fait... 2001. Ah oui quand même). En dessous, je sais que je peux compter sur un paquet de feuilles blanches, et généralement, sur des pochettes plastiques et des feuiles doubles, mais à part les paquets vides, je suis à nouveau bredouille.
Troisième tiroir. Il me faut glisser la main dans l'interstice et débloquer une boite à crayons de couleur pour l'ouvrir. Là dedans, il y a les trousses, les crayons, les feutres... Une dizaine de boites vides pour cartouches parker. On ouvre une trousse. Un, puis deux, trois, une dizaine de feutres dont aucun ne marche. Frustré, j'ai failli remettre la trousse dans le tiroir au lieu de viser le sac poubelle. Mais je retrouve mon équerre (qui m'a suivi tout au long du collège avant de casser), et des nouveaux rouleaux de scotch (j'en avais vraiment besoin ça fait plaisir).
Quatrième tiroir: Fournitures scolaires, surtout des feuilles, normalement. Cela dit, il ne reste en cette période de l'année, qu'un bloc à feuilles grand carreaux et des protège-cahiers. Quoi? C'est tout? Shame on me, le tiroir devrait être plein de simples et doubles feuilles grand carreaux, plus des simples et doubles petits carreaux... Je me souviens, quand on a déménagé, il était complètement bourré à craquer ce tiroir. Mais, entre temps, l'ais-je une fois rempli? Eh.... Ba euh je...
Armoire de bureau, petit étage: Surtout ne pas regarder en dessous. Surtout ne pas regarder en dessous. Surtout ne pas regarder en dessous. Surtout ne pas regarder en dessous. AAAAAaaarrh.
Armoire de bureau, grand compartiment: Oh la la. Je me lève, je regarde, je vais boire un verre d'eau, je reviens... 30 centimètres de papiers, de cartons, de couvertures de livres de classe, de feuilles blanches et de photocopies en équilibre instable. De peur d'être enseveli, je n'avais plus ouvert "la caverne" depuis bien longtemps. En spéléoloque amateur, je me lance dans les fouilles. Je trie près de trois centimètres de feuilles, il y a de tout et surtout beaucoup de n'importe quoi.
Je me lève. Je regarde le livre sur mon bureau, puis l'armoire de bureau, que je referme, doucement, prudemment, que rien ne se casse la figure en attendant le prochain rangemenr estival...
C'est promis, l'an prochain...