My bloody Hell
L'enfer commence à 3h30. Un oeil s'ouvre et tout clignote autour de moi. Mon portable bippe, mon réveil bippe, mon cerveau hurle ("Stop").
J'éteins toute cette quincaillerie, et je me lêve, évitant avec tact le montant de ma fenêtre, premier obstacle. La suite, tout s'enchaîne machinalement quand on a passé la première crainte de la journée: rater le réveil.
La seconde crainte est à 4h23, à la minute près. Car le Train ne partira pas en retard, et le train suivant... m'amènerait avec près de 10 minutes de retard à mon job, ce qui ne serait certainement pas accepté.
La troisième est la plus forte. Chaque jour elle grandit. Le temps que je passe en train est d'environ 18 minutes. Mais le train berce. Le train invite à s'asseoir. Le train vous assoupit à chaque seconde, à chaque soupir il vous sussure de fermer un peu plus les paupières...
Ce serait si facile en somme. Fermer les yeux, s'endormir quelques minutes quand on a que 4 à 5 heures de sommeil derrière soi... Mais j'aurais l'air malin à me réveiller vers Bâle, ou pire, vers Coire (terminus, très proche de l'Italie...).
Je passe donc plusieurs minutes à lutter contre un sommeil qui ne raterait pas une seule occasion de frapper. A cet instant là j'ai peur.
Puis le vélo à nouveau avant l'usine. Dehors avec le temps pourri qu'il fait actuellement, je me retrouve transi de froid. Puis c'est le coup de chaleur en entrant dans l'usine d'injection, qui est à sa moyenne la plus basse de 27 degrés à 5 heures du matin.
Hey Brother (!?)... Welcome To Hell.
Mon compteur interne se déclenche quand je commence à remplir les fiches de liaison concernant les machines: plus que 8h00. Plus que 7h59...
La première semaine, j'ai passé un temps assez apprécialbe à mémoriser tout ce qu'il fallait que je fasse et les petites manies de chacune des machines dont je m'occupe. Je les connais toutes à présent, et mon esprit peut gambader librement une grande partie du temps en dehors de mon corps, qui lui en chie. A la longue, on les personnalise, nos machines. Moi je leur ai donné des noms.
Il y a la Trad, qui est une machine qui fabrique des tabours en plastique, tambours autour desquels on va enrouler dans une autre partie de l'usine des bobines de fil électrique. la Trad est lente, très lente. Ses tambours, il suffit de vérifier s'ils sont bien formés, puis les jeter dans un carton qui doit peser 8.6 kgs avant d'être fermé et envoyé.
Il y a la Carotte, qui est une autre machine qui produit des tambours. Plus récente, elle ne fait aucune erreur de thermoformage, mais elle rejette en vrac les tambours et les fameuses carottes, résidus de plastique formés lors du moulage de la pièce.
Il y a la Luka. Je l'ai appellée comme ça parce que cette saloperie est la plus rapide des machines de cette partie de l'usine (d'où le Look at). Il faut s'en occuper au moins une fois toutes les deux minutes, prendre ces énormes colliers de plastique (58 cm), vérifier qu'il n'y a pas de manques (et ils sont souvent brûlants...) puis les mettre dans une caisse palette. C'est baissé sur cette machine que je passe le plus clair de mon temps cette semaine.
Il y a la Bizet, qui se nomme ainsi parce qu'elle fait un bruit ressemblant dans ses grandes lignes à l'une des musiques les plus connues de ce compositeur. La bizet est gentille en général mais elle a ses mauvais jours. Et ces jours là on ne peut rien faire qui puisse aller. Elle fait des manques, puis des restes, puis les pièces ne sont plus correctes, puis elle s'arrête: le bourbier pour celui qui s'en occupe, qui doit regarder la Luka toutes les deux minutes et qui assiste impuissant au carnage. La Bizet, c'est une bête qui dort.
Dernière machine sur laquelle je planche cette semaine, la Salope. Je ne lui ai pas trouvé d'autre nom. Elle fait des tout petits colliers de 9 cm de long. Qu'il faut assembler par poignées à l'aide de petits élastiques qui vous arrachent la peau des doigts. Pour imaginer, claquez vous un élastique sur une partie ou votre peau est à vif une 20aine de fois, vous devriez comprendre (trip SM garanti). Cette machine fait ce qu'elle veut. Aujourd'hui, elle avait décidé par exemple qu'elle mettrait 4 colliers de plus dans chaque poignée, changeant le poids de la botte de colliers, et donc toutes les données du compteur...
Que du bohneur! Ajoutez à cela que l'eau de St louis n'est pas potable, j'amène un seul et unique litre d'eau... J'en bois une gorgée savourée toutes les demi-heures. Le temps passe lentement, je suis ailleurs. Dans les bras de Someone, dans la peau de James bond, dans Dust de temps en temps, partout ailleurs mais pas en train de faire ce sâle Job.
Vivement le chèque de juillet les amis. Vivement le 29 juillet. En plus, ça fera 3 mois chérie!!
Vous vous coucherez moins con: nous sommes allés voir La Guerre des mondes aujourd'hui... Eh ben Pouuuuuuuuuuuum, headshot.
J'éteins toute cette quincaillerie, et je me lêve, évitant avec tact le montant de ma fenêtre, premier obstacle. La suite, tout s'enchaîne machinalement quand on a passé la première crainte de la journée: rater le réveil.
La seconde crainte est à 4h23, à la minute près. Car le Train ne partira pas en retard, et le train suivant... m'amènerait avec près de 10 minutes de retard à mon job, ce qui ne serait certainement pas accepté.
La troisième est la plus forte. Chaque jour elle grandit. Le temps que je passe en train est d'environ 18 minutes. Mais le train berce. Le train invite à s'asseoir. Le train vous assoupit à chaque seconde, à chaque soupir il vous sussure de fermer un peu plus les paupières...
Ce serait si facile en somme. Fermer les yeux, s'endormir quelques minutes quand on a que 4 à 5 heures de sommeil derrière soi... Mais j'aurais l'air malin à me réveiller vers Bâle, ou pire, vers Coire (terminus, très proche de l'Italie...).
Je passe donc plusieurs minutes à lutter contre un sommeil qui ne raterait pas une seule occasion de frapper. A cet instant là j'ai peur.
Puis le vélo à nouveau avant l'usine. Dehors avec le temps pourri qu'il fait actuellement, je me retrouve transi de froid. Puis c'est le coup de chaleur en entrant dans l'usine d'injection, qui est à sa moyenne la plus basse de 27 degrés à 5 heures du matin.
Hey Brother (!?)... Welcome To Hell.
Mon compteur interne se déclenche quand je commence à remplir les fiches de liaison concernant les machines: plus que 8h00. Plus que 7h59...
La première semaine, j'ai passé un temps assez apprécialbe à mémoriser tout ce qu'il fallait que je fasse et les petites manies de chacune des machines dont je m'occupe. Je les connais toutes à présent, et mon esprit peut gambader librement une grande partie du temps en dehors de mon corps, qui lui en chie. A la longue, on les personnalise, nos machines. Moi je leur ai donné des noms.
Il y a la Trad, qui est une machine qui fabrique des tabours en plastique, tambours autour desquels on va enrouler dans une autre partie de l'usine des bobines de fil électrique. la Trad est lente, très lente. Ses tambours, il suffit de vérifier s'ils sont bien formés, puis les jeter dans un carton qui doit peser 8.6 kgs avant d'être fermé et envoyé.
Il y a la Carotte, qui est une autre machine qui produit des tambours. Plus récente, elle ne fait aucune erreur de thermoformage, mais elle rejette en vrac les tambours et les fameuses carottes, résidus de plastique formés lors du moulage de la pièce.
Il y a la Luka. Je l'ai appellée comme ça parce que cette saloperie est la plus rapide des machines de cette partie de l'usine (d'où le Look at). Il faut s'en occuper au moins une fois toutes les deux minutes, prendre ces énormes colliers de plastique (58 cm), vérifier qu'il n'y a pas de manques (et ils sont souvent brûlants...) puis les mettre dans une caisse palette. C'est baissé sur cette machine que je passe le plus clair de mon temps cette semaine.
Il y a la Bizet, qui se nomme ainsi parce qu'elle fait un bruit ressemblant dans ses grandes lignes à l'une des musiques les plus connues de ce compositeur. La bizet est gentille en général mais elle a ses mauvais jours. Et ces jours là on ne peut rien faire qui puisse aller. Elle fait des manques, puis des restes, puis les pièces ne sont plus correctes, puis elle s'arrête: le bourbier pour celui qui s'en occupe, qui doit regarder la Luka toutes les deux minutes et qui assiste impuissant au carnage. La Bizet, c'est une bête qui dort.
Dernière machine sur laquelle je planche cette semaine, la Salope. Je ne lui ai pas trouvé d'autre nom. Elle fait des tout petits colliers de 9 cm de long. Qu'il faut assembler par poignées à l'aide de petits élastiques qui vous arrachent la peau des doigts. Pour imaginer, claquez vous un élastique sur une partie ou votre peau est à vif une 20aine de fois, vous devriez comprendre (trip SM garanti). Cette machine fait ce qu'elle veut. Aujourd'hui, elle avait décidé par exemple qu'elle mettrait 4 colliers de plus dans chaque poignée, changeant le poids de la botte de colliers, et donc toutes les données du compteur...
Que du bohneur! Ajoutez à cela que l'eau de St louis n'est pas potable, j'amène un seul et unique litre d'eau... J'en bois une gorgée savourée toutes les demi-heures. Le temps passe lentement, je suis ailleurs. Dans les bras de Someone, dans la peau de James bond, dans Dust de temps en temps, partout ailleurs mais pas en train de faire ce sâle Job.
Vivement le chèque de juillet les amis. Vivement le 29 juillet. En plus, ça fera 3 mois chérie!!
Vous vous coucherez moins con: nous sommes allés voir La Guerre des mondes aujourd'hui... Eh ben Pouuuuuuuuuuuum, headshot.


6 Comments:
ouais, ben moi, je suis très content dans ma boulangerie ^^
franchement, outre certaines clientes mignones (bon évidemment, y'a aussi des "belles de loin mais loin d'être belles" hein !) et des collègues sympa, le job est assez trankil, surtout après une semaine de boulot... au début, j'me suis dit "Michel, démissione..." mais en fait, faut juste prendre le rythme et c'est parti !!!
eh bé je vois que ça repart comme avant quoi.
moi qui pensais que vous réagirriez un peu plus au topics... Je suis un peu décu. Pourtan vous pouvez pas me blâmer de ne rien érire hein...
c'est vrai personne ne commente,mais bon moi j'ai pas eu le temps!!
quand t'auras fini de bosser je commencerais!!
enfin je prefere mon boulot au tien!!
CHRIS
Alors gorinaz on fait connaissance avec le travail a la chaîne ?
courage ça ne peut que te motiver a te bouger en cours pasque sinon maintenant tu vois où tu finiras !!
accroche-toi c'est bientot la fin. Une chose dont je ne crois pas que tu parles et qui pourtant fait partie des cotés les plus insupportables de ce genre de job que je connais un peu est l'extrème lenteur a laquelle la journée semble filer. En effet il n'y a pas 10 minutes où on ne regarde pas la montre et ce malgré le fait que l'on arrète pas de bosser et que ces dans ces cas que le temps passe le plus vite en général. Sur ce bon courage je crois bien que de nous tous c'est toi qui a degote le boulot le plus ingrat.
Tchavo (alias Mr Taboulé)
Non moi ça va au niveau de l'horaire, comme j'ai tendance à m'endormir debout, et à rêver, il se trouve que souvent que zappe pas mal de temps... et donc je me "réveille" et une heure et demie à passé...
souvent je suis tellement absorbé...
T'as pas à te plaindre tant que t'as pas connu Peugeot... enfin, c'est mon point de vue ^^
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