Adam, Eve... et la Pomme?
Pour ceux qui n'ont pas suivi la petite fiction du dimanche, Adam et Eve, un nouveau couple, vivaient heureux depuis quelques temps et tout, ils s'étaient mis ensemble, et ont même finis par vivre emsemble... Tout allait bien, faisaient l'amour tout le temps et tout, ils avaient plein de gosses, mais niveau Fric, Adam assurait, et Eve avait la fibre maternelle. Cela dit, un jour, un serpent passe, lui fait des clins d'oeil, et l'aguiche avec sa pomme. L'idiote croque la pomme, la suite tout le monde la connait, elle acouchera dans la douleur, devra prendre la pilule, faire la vaisselle et les courses le samedi...
La pomme, les enfants, toujours la pomme de la Tentation.
Back to my job: Depuis mercredi dernier, grand nettoyage annuel des machines, les deux équipes sont réunies pour travailler le matin, dans la bonne humeur, une ambiance relativement soutenue, de la musique, et surtout sans le bruit harassant de toutes ces machines qui mettent le concorde au décollage dans la catégorie "insignifiants". Tout le monde nettoie, toute la salle est emplie de lustrant, d'huile de moteur, de chiffons regorgeants de bactérie... Toute? Non. Un petit coin d'irréductibles déconneurs résiste encore et toujours aux envahisseurs. J'en fais partie, nonchalament appuyé sur la machine que je suis censé nettoyer, en grande discution avec les trois filles les plus délurées de l'atelier (caricaturalles, la jolie sympa, la grosse chiante, le garçon manqué).
Jeudi soir, un sourire rayonnant est au coin de toutes les bouches: le nettoyage des machines est quasi-terminé, le dernier jour de travail sera officiellement celui de la glande... J'ai encore beaucoup discuté avec deux des délurées, Rosalie et Vanessa. Cette dernière étant un vrai moulin à paroles (physiquement aussi), nous nous contentons de tripper à l'écouter, à en placer une de temps en temps, à se moquer d'elle.
Vendredi: le matin arrive, les deux équipes sont au complet et ont toutes deux pointées à 5h pile... Préférant l'air frais à la chaleur étouffante, je vais à l'arrière de l'atelier, histoire de passer le temps, de regarder quelques étoiles s'il en reste. Rosalie me tient compagnie, discrète et présente à la fois. Je remarque quelques coups d'oeil appuyés. Puis vers 6h (une heure de glande totale lol), nous partons nettoyer notre dernière machine, à trois. Régine (une ancienne) fait un coté de l'énorme machine, tandis que nous nous affairons sur le second: petites vannes, jeux d'eau, boutades d'écoliers, tout y passe. Moi je tique légèrement devant la panoplie synchronisée des plus beau sourires de Rosalie, qui en dehors du lavage de la machine, ne cesse de me parler à 15 cm de mon visage, ce qui créé une sensation quelque peu... étonnante (l'impression qu'au moindre mouvement en avant, nos lèvres risquent de se rencontrer, et c'est un risque que je prends assez au sérieux)! A 8h45, nous décidons de passer le temps qu'il nous reste à nettoyer des bacs en plastique dégueulasses. Activité qui n'a rien de spécialement rapprochante normalement, mais il se trouve que nous sommes relégués dans le magasin de l'atelier, à l'abri de tous les regards indiscrets (et ils sont si nombreux que j'ai compris depuis un certain temps que je ne me fais pas de films, c'est bien moi qui suis dragué par la plus jolie et gentille fille de l'usine). Nous discutons pourtant comme deux ouvriers le feraient (enfin pas exactement vu le débit et les regards appuyés qu'elle me lance, tandis que je réfléchis profondément à la situation, nouvelle, pas si désagréable, mais gênante et devenant franchement embarrassante étant donné la fin inévitable de tout ce petit jeu de séduction).
10h30: je suis Beau, Riche, intelligent, en vacances, et dévoré du regard. Mais quand après 10 nouvelles minutes de discution au parking, elle me demande après un blanc magistral, quand je dis que je dois partir, si nous nous reverrons (tous les doubles sens liés sont acceptés vu la situation), mon esprit est Ailleurs. J'aime et je suis aimé à une sacré centaine de kilomètres de là par la fille parfaite, la plus mimi et la plus intelligente... Mes sentiments n'ont pas leurs places ici sur ce parking. Je réponds, les dents serrés, un "non", et j'ai un peu peur de sa réaction, ne voulant pas faire de mal, ne voulant pas mettre à terre une fille qui a quand même fait un travail remarquable de drague, qui est jolie et sincèrement gentille. Cela dit, dans ce registre de cassage en douceur, je n'excelle apparemment pas. Elle le savait, pourtant, que j'avais une copine, que je l'aimais et tout! Mais elle a l'air abbatue, finie, mourante. Aussi je ne puis refuser sincèrement son numéro quelle se hate d'écrire sur un bout de papier. Puis il faut partir (en douceur, me répéte-je...), une bise à droite, une à gauche... Pas le temps de reculer, elle a réussi à toucher le centre une fraction de seconde.
Courage, fuyons. Je fais 30 mètres avec mon vélo avant de pouvoir respirer.
Et puis dans le train, je me demande si j'ai bien fait.. Bien fait de la laisser peut-être espérer une suite quand j'ai mis son bout de papier à la poubelle du train? Bien fait de la laisser seulement s'approcher de moi (mais le serpent qui offre la pomme se fait toujours alléchant). Je me pose des questions... Suis-je corruptible? Fidèle comme je devrais l'être (et oui je pense l'être de tout mon coeur qui n'appartient qu'à toi Clémence)? Devrais-je me méfier à l'avenir?
Et la question murmurée à mon oreille par la plus odieuse des petites voix dans ma tête: "Pourquoi ne pas garder ce numéro, et s'en servir, au cas ou?". Horrifié par cette idée, je tremble en sortant du train, puis vais flaner le long du canal, téléphoner à Chris, lui demander son avis, me rassurer sur mes actions...
Ouvrir les yeux: Eh oui, je suis beau, séduisant, j'ai mon sex-appeal, un porte monnaie débordant, un cursus scolaire à tou péter, un comportement social sans égal à l'attention ce ceux que j'aime...
L'homme Idéal? Tiens, on dirait mon reflet, dans ce lac.
Qu'il est attirant...
La pomme, les enfants, toujours la pomme de la Tentation.
Back to my job: Depuis mercredi dernier, grand nettoyage annuel des machines, les deux équipes sont réunies pour travailler le matin, dans la bonne humeur, une ambiance relativement soutenue, de la musique, et surtout sans le bruit harassant de toutes ces machines qui mettent le concorde au décollage dans la catégorie "insignifiants". Tout le monde nettoie, toute la salle est emplie de lustrant, d'huile de moteur, de chiffons regorgeants de bactérie... Toute? Non. Un petit coin d'irréductibles déconneurs résiste encore et toujours aux envahisseurs. J'en fais partie, nonchalament appuyé sur la machine que je suis censé nettoyer, en grande discution avec les trois filles les plus délurées de l'atelier (caricaturalles, la jolie sympa, la grosse chiante, le garçon manqué).
Jeudi soir, un sourire rayonnant est au coin de toutes les bouches: le nettoyage des machines est quasi-terminé, le dernier jour de travail sera officiellement celui de la glande... J'ai encore beaucoup discuté avec deux des délurées, Rosalie et Vanessa. Cette dernière étant un vrai moulin à paroles (physiquement aussi), nous nous contentons de tripper à l'écouter, à en placer une de temps en temps, à se moquer d'elle.
Vendredi: le matin arrive, les deux équipes sont au complet et ont toutes deux pointées à 5h pile... Préférant l'air frais à la chaleur étouffante, je vais à l'arrière de l'atelier, histoire de passer le temps, de regarder quelques étoiles s'il en reste. Rosalie me tient compagnie, discrète et présente à la fois. Je remarque quelques coups d'oeil appuyés. Puis vers 6h (une heure de glande totale lol), nous partons nettoyer notre dernière machine, à trois. Régine (une ancienne) fait un coté de l'énorme machine, tandis que nous nous affairons sur le second: petites vannes, jeux d'eau, boutades d'écoliers, tout y passe. Moi je tique légèrement devant la panoplie synchronisée des plus beau sourires de Rosalie, qui en dehors du lavage de la machine, ne cesse de me parler à 15 cm de mon visage, ce qui créé une sensation quelque peu... étonnante (l'impression qu'au moindre mouvement en avant, nos lèvres risquent de se rencontrer, et c'est un risque que je prends assez au sérieux)! A 8h45, nous décidons de passer le temps qu'il nous reste à nettoyer des bacs en plastique dégueulasses. Activité qui n'a rien de spécialement rapprochante normalement, mais il se trouve que nous sommes relégués dans le magasin de l'atelier, à l'abri de tous les regards indiscrets (et ils sont si nombreux que j'ai compris depuis un certain temps que je ne me fais pas de films, c'est bien moi qui suis dragué par la plus jolie et gentille fille de l'usine). Nous discutons pourtant comme deux ouvriers le feraient (enfin pas exactement vu le débit et les regards appuyés qu'elle me lance, tandis que je réfléchis profondément à la situation, nouvelle, pas si désagréable, mais gênante et devenant franchement embarrassante étant donné la fin inévitable de tout ce petit jeu de séduction).
10h30: je suis Beau, Riche, intelligent, en vacances, et dévoré du regard. Mais quand après 10 nouvelles minutes de discution au parking, elle me demande après un blanc magistral, quand je dis que je dois partir, si nous nous reverrons (tous les doubles sens liés sont acceptés vu la situation), mon esprit est Ailleurs. J'aime et je suis aimé à une sacré centaine de kilomètres de là par la fille parfaite, la plus mimi et la plus intelligente... Mes sentiments n'ont pas leurs places ici sur ce parking. Je réponds, les dents serrés, un "non", et j'ai un peu peur de sa réaction, ne voulant pas faire de mal, ne voulant pas mettre à terre une fille qui a quand même fait un travail remarquable de drague, qui est jolie et sincèrement gentille. Cela dit, dans ce registre de cassage en douceur, je n'excelle apparemment pas. Elle le savait, pourtant, que j'avais une copine, que je l'aimais et tout! Mais elle a l'air abbatue, finie, mourante. Aussi je ne puis refuser sincèrement son numéro quelle se hate d'écrire sur un bout de papier. Puis il faut partir (en douceur, me répéte-je...), une bise à droite, une à gauche... Pas le temps de reculer, elle a réussi à toucher le centre une fraction de seconde.
Courage, fuyons. Je fais 30 mètres avec mon vélo avant de pouvoir respirer.
Et puis dans le train, je me demande si j'ai bien fait.. Bien fait de la laisser peut-être espérer une suite quand j'ai mis son bout de papier à la poubelle du train? Bien fait de la laisser seulement s'approcher de moi (mais le serpent qui offre la pomme se fait toujours alléchant). Je me pose des questions... Suis-je corruptible? Fidèle comme je devrais l'être (et oui je pense l'être de tout mon coeur qui n'appartient qu'à toi Clémence)? Devrais-je me méfier à l'avenir?
Et la question murmurée à mon oreille par la plus odieuse des petites voix dans ma tête: "Pourquoi ne pas garder ce numéro, et s'en servir, au cas ou?". Horrifié par cette idée, je tremble en sortant du train, puis vais flaner le long du canal, téléphoner à Chris, lui demander son avis, me rassurer sur mes actions...
Ouvrir les yeux: Eh oui, je suis beau, séduisant, j'ai mon sex-appeal, un porte monnaie débordant, un cursus scolaire à tou péter, un comportement social sans égal à l'attention ce ceux que j'aime...
L'homme Idéal? Tiens, on dirait mon reflet, dans ce lac.
Qu'il est attirant...

